S'il y a un problème,
c'est qu'il y a une solution
« S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème. » La formule fait sourire. On la prête souvent aux Shadoks. Je la lis à l'envers, et c'est ma conviction de métier : s'il y a un problème, c'est qu'il y a une solution.
Un impôt qui pèse trop lourd, une épargne qui dort, une transmission qui inquiète, une trésorerie d'entreprise qui stagne, une retraite qui s'annonce maigre : aucune de ces situations n'est une fatalité. Il existe presque toujours plusieurs réponses. Elles ne se valent pas, elles ont chacune un coût et une contrepartie, mais elles existent.
Le vrai risque n'est pas le problème. C'est de le laisser sans diagnostic.
Comme un médecin qui ausculte avant de poser un diagnostic, mon rôle est de nommer le problème, puis de vous présenter les options, avec leurs avantages et leurs limites. Le choix final vous revient.
Simon Ruy · Novembre 2026
Ce que le monde fait
à votre patrimoine
Encadrement des loyers : la Cour des comptes tacle, le Sénat prolonge
Le constat. Le 14 octobre, la Cour des comptes a rendu un rapport sévère sur l'encadrement des loyers, présenté à la commission des finances de l'Assemblée nationale. Elle juge sa mise en œuvre complexe et ses fondements méthodologiques fragiles. Les loyers de référence sous-estimeraient le marché des petites surfaces et surestimeraient celui des grandes.
La Cour propose deux scénarios : une réforme structurelle pour fiabiliser le dispositif, ou, à défaut, l'arrêt de l'expérimentation au profit du seul encadrement des hausses de loyer en cours de bail.
Ce qui a été voté. Une semaine plus tard, le 21 octobre, le Sénat a voté par 325 voix contre 17 une prolongation de deux ans, jusqu'en 2028, limitée aux territoires déjà concernés. Environ 1,2 million de locataires sont visés. Le texte doit encore être adopté à l'identique par l'Assemblée nationale avant l'échéance du 24 novembre.
-> En pratique, pour un bailleur dans une ville encadrée, rien ne change à court terme, sous réserve du vote final. Pour un investisseur, c'est un argument de plus pour regarder les villes moyennes, non concernées par ce dispositif. J'y reviens dans le dossier du mois.
Livret A : 31,4 % d'impôt au-delà de 22 950 € ? Pas encore
Le fait. La formule a beaucoup circulé mi-octobre. Elle vient d'une note publiée par la Cour des comptes en septembre. Celle-ci propose de soumettre au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) les intérêts produits par la fraction d'un livret réglementé qui dépasse son plafond.
Pourquoi ça concerne du monde. On ne peut pas verser au-delà de 22 950 € sur un Livret A. Les intérêts capitalisés, en revanche, peuvent faire dépasser ce plafond. Selon la Banque de France, citée par la Cour, 15 % des Livrets A étaient déjà dans ce cas fin 2025, et ces livrets concentraient 47 % de l'encours. La Cour estime que l'exonération profite surtout aux ménages aisés et âgés.
Ce qu'il faut retenir. À ce stade, ce n'est qu'une proposition. Aucun texte ne l'applique. Les intérêts du Livret A restent intégralement exonérés, y compris au-delà de 22 950 €. Le rendement attendu de la mesure, environ 80 millions d'euros selon une estimation du Trésor reprise par la Cour, reste modeste pour l'État.
-> Mon angle de lecture : le vrai sujet n'est pas la taxe, c'est le niveau de l'épargne de précaution. Avec une inflation à 3,1 % en septembre selon l'Insee, un livret rempli bien au-delà de vos besoins de précaution perd du pouvoir d'achat. C'est le moment de remettre au travail le surplus de liquidités.
L'Insee confirme 3,1 % sur un an en septembre en France, après 2,4 % en août, un plus haut depuis janvier 2024. L'énergie explique l'essentiel du mouvement. En zone euro, Eurostat mesure 3,8 %.
Économie mondiale :
un automne sous tension
en septembre
maintenu le 29 octobre
franchi le 21 octobre
Sources : Bureau of Labor Statistics, BCE, Reuters. Données au 29 octobre 2026.
Le constat
La croissance américaine tient bon, portée par les dépenses d'investissement, notamment dans l'intelligence artificielle. L'inflation, elle, reste élevée : 3,7 % sur un an en septembre, poussée par le pétrole.
La banque centrale américaine a relevé ses taux en septembre, une première depuis 2023. Le 28 octobre, elle les a laissés inchangés, entre 3,75 % et 4 %. Deux de ses membres ont toutefois voté pour une nouvelle hausse, et les marchés anticipent désormais un relèvement en décembre.
Résultat : les marchés actions américains progressent, tirés par les grandes valeurs technologiques. Pour autant, les valorisations sont tendues et la hausse reste concentrée sur un petit nombre de titres.
Mon pronostic pour le dernier trimestre
Mon scénario central : une hausse modérée des indices actions, de l'ordre de 5 %, à condition que le pétrole ne s'emballe pas. C'est un ordre de grandeur indicatif, pas une promesse, sous réserve des conditions de marché.
- Obligations d'État : leurs rendements sont redevenus attractifs. Elles restent fragiles tant que l'inflation ne reflue pas.
- Or : il peut jouer son rôle de valeur refuge, sans garantie.
- Cryptomonnaies : certains les rangent parmi les refuges. Leur volatilité impose de les réserver à une part limitée du patrimoine, en connaissance de cause.
À plus long terme, le monde s'installe dans une croissance faible mais stable, avec une inflation qui recule lentement si l'énergie se calme.
Côté France, on navigue à vue
La Banque de France ne prévoit plus que 0,4 % de croissance en 2026. La consommation est molle, et le chômage remonterait jusqu'à 8,4 % en fin d'année. Les finances publiques inquiètent : le taux d'emprunt de l'État à 10 ans a franchi 5 % le 21 octobre, une première depuis 2002, et l'écart avec l'Allemagne dépasse 1,5 point.
En zone euro, la BCE a maintenu son taux de dépôt à 2,50 % le 29 octobre, après deux hausses cette année. Avec une inflation de 3,8 % dans la zone, une nouvelle hausse reste possible.
Ce n'est pas parce qu'il y a une tempête qu'on doit vendre le bateau.
À l'international, la tendance reste haussière mais prudente. En France, l'incertitude domine.
-> En pratique, l'enjeu, c'est la diversification et la patience. Ce sont vos meilleures alliées dans ce contexte. C'est aussi le bon moment pour réinterroger votre allocation.
Immobilier : l'opportunité
des villes moyennes
Le constat
Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes : les grandes métropoles ont longtemps incarné la sécurité de l'investissement locatif. La hausse des prix a mécaniquement écrasé leur rendement. Dans la capitale, le rendement brut tombe souvent sous 4 %, et devient difficile à défendre une fois les charges et la fiscalité déduites.
À l'inverse, selon un dossier du magazine Le Revenu de septembre, certaines villes moyennes affichent des rendements bruts de 7 à 10 %, voire davantage pour un immeuble entier.
Pourquoi cet écart
La rentabilité se joue dans l'écart entre le prix d'achat et le loyer. Dans une ville moyenne, le mètre carré peut coûter trois à cinq fois moins cher qu'à Paris, alors que les loyers ne sont que trois à quatre fois inférieurs. L'investisseur achète donc plus de loyer pour chaque euro investi.
Autre idée reçue à corriger : le marché locatif y est souvent tendu. Le Revenu évoque un taux d'occupation de l'ordre de 97 % du parc privé effectivement proposé à la location dans ces villes. Les locataires sont des actifs, des familles, des employés d'hôpitaux ou d'administrations, souvent plus stables que la population étudiante des métropoles.
L'immeuble de rapport, le format le plus efficace
Acheter un immeuble entier, de quatre à huit logements, change la donne. Pas de copropriété à subir, une maîtrise totale des travaux, et un risque de vacance réparti sur plusieurs lots. Le Revenu situe le budget d'entrée autour de 300 000 €. Avec un apport de l'ordre de 15 %, les loyers peuvent parfois couvrir le crédit, les charges et les provisions. C'est ce qu'on appelle l'autofinancement.
Le rendement brut ne dit pas tout. La performance se fait à l'achat.
Les risques à regarder en face
Une ville qui perd ses habitants fera perdre de la valeur à votre bien. La démographie, l'emploi, la présence d'un hôpital, d'une université ou d'une administration, la desserte ferroviaire sont des critères à vérifier un par un. Le programme Action Cœur de Ville, lancé par l'État en 2018, a aidé à revitaliser de nombreux centres. C'est un indice utile, pas une garantie.
- La vacance et les impayés, à intégrer dans vos calculs dès le départ.
- Les travaux, souvent sous-estimés dans l'ancien, avec une marge de sécurité nécessaire sur les devis.
- La réglementation énergétique : les logements classés G ne peuvent déjà plus être proposés à la location, et les F suivront. Un bien énergivore acheté à bas prix peut devenir un piège.
- La distance : investir loin de chez soi exige une équipe locale fiable pour les travaux et la gestion.
La fiscalité, l'autre moitié de la performance
En location nue au régime réel, les travaux génèrent un déficit foncier imputable sur votre revenu global, dans la limite de 10 700 € par an. Ce plafond est porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique qui font sortir un logement des classes E, F ou G, pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2027. Pour un patrimoine plus important, une société civile à l'impôt sur les sociétés peut aussi se justifier. Chaque option a ses contreparties, notamment à la revente.
-> En pratique, l'enjeu, c'est la méthode. Le choix de la ville et du bien d'abord, le montage fiscal ensuite. Ce sera un outil, pas une solution universelle. On arbitrera au cas par cas, selon votre fiscalité, votre horizon et votre capacité à déléguer.
Coup de gueule :
protégeons nos entrepreneurs
Je sors exceptionnellement de ma réserve habituelle. Ce mois-ci, je suis en colère.
Le constat. Le 17 octobre, les manifestations contre la vie chère ont dégénéré dans de nombreuses villes. Le Premier ministre a annoncé 1 200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés. Des mairies saccagées, des vitrines éventrées, des magasins vidés. Le gouvernement a recensé plusieurs centaines de commerces pillés. Les premiers chiffrages évoquent plusieurs centaines de millions d'euros de dégâts.
Derrière chaque rideau baissé, il y a un commerçant, un artisan, un franchisé. Quelqu'un qui a souvent engagé son épargne, sa caution personnelle et ses soirées dans son affaire. Un commerçant parisien interrogé par la presse chiffrait son stock volé entre 100 000 et 200 000 €. Son contrat couvrait le vandalisme, pas la marchandise.
Taxé, chargé, et maintenant désarmé
L'entrepreneur français connaît la musique. Des prélèvements obligatoires parmi les plus lourds d'Europe, que le projet de budget 2027 porterait encore à 44,2 % du PIB. Des charges sociales qui pèsent sur chaque embauche. Une complexité administrative qui dévore son temps. Et, à chaque crise, il est le premier sollicité et le dernier protégé.
La première mission d'un État, c'est d'assurer la sécurité des personnes et des biens. Le 17 octobre, cette mission n'a pas été remplie. Quand un commerçant voit son outil de travail détruit en une soirée, sans que personne ne s'interpose, ce n'est pas un fait divers. C'est une faillite de l'État.
On demande tout aux entrepreneurs. On leur doit au moins la sécurité de leur outil de travail.
La réponse publique ? Un fonds de soutien plafonné à 10 000 € pour les plus touchés, et la prise en charge de l'activité partielle des salariés. C'est mieux que rien. C'est dérisoire face à un stock de plus de 100 000 €. Quant à la garantie émeutes, rendue obligatoire dans les contrats d'assurance par la loi de finances pour 2026, plusieurs avocats rappellent qu'elle n'est pas encore entrée en vigueur. Les sinistres du 17 octobre relèvent donc des anciens contrats.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Ma colère ne protège personne. La prévention, si. Trois vérifications à faire cette semaine :
- Votre multirisque professionnelle couvre-t-elle les émeutes, le vol du stock et la perte d'exploitation ? Relisez les exclusions et les plafonds.
- Votre patrimoine personnel est-il exposé par une caution ou une activité exercée en nom propre ? La séparation entre patrimoine professionnel et privé se construit à froid.
- Votre trésorerie de sécurité permet-elle de tenir trois mois sans chiffre d'affaires ? Si la réponse est non, c'est la priorité.
En cas de sinistre, l'État peut être tenu responsable des dégâts commis lors d'attroupements. La démarche passe par une demande au préfet, avec des preuves solides : photos, plainte, factures. Faites-vous accompagner par un avocat.
-> En pratique, l'enjeu, c'est de ne plus compter sur la protection des autres. Notre rôle de conseiller patrimonial prend ici tout son sens : vérifier vos couvertures, structurer votre patrimoine, et faire en sorte qu'une soirée de chaos ne détruise pas vingt ans de travail.
L'assurance vie luxembourgeoise :
pour qui, pourquoi ?
Le constat. Avec la dette française sous pression et un taux d'emprunt de l'État au-dessus de 5 %, une question revient souvent dans mes rendez-vous : mon assurance vie est-elle vraiment à l'abri ? C'est le bon moment pour présenter une solution encore méconnue, le contrat d'assurance vie de droit luxembourgeois.
Ce qui le distingue
- Le triangle de sécurité. Vos avoirs sont déposés auprès d'une banque dépositaire, distincte de l'assureur, sous le contrôle du régulateur luxembourgeois. Ils sont séparés des fonds propres de la compagnie.
- Le super privilège. En cas de défaillance de l'assureur, les souscripteurs sont des créanciers de premier rang, avant même l'État et les salariés.
- L'ouverture. Un univers d'investissement plus large, la possibilité de détenir des supports en plusieurs devises, et l'accès à des fonds dédiés gérés sur mesure pour les patrimoines importants.
- La mobilité. Le contrat suit l'épargnant s'il part vivre à l'étranger, avec la fiscalité de son nouveau pays de résidence.
Ce qu'il ne change pas
La fiscalité. Pour un résident français, un contrat luxembourgeois est imposé exactement comme un contrat français : mêmes abattements après huit ans, mêmes règles en cas de décès. Il ne s'agit pas d'optimisation fiscale. Il faut simplement déclarer chaque année le contrat détenu à l'étranger.
Les limites
Le ticket d'entrée est souvent élevé, de l'ordre de 100 000 à 250 000 € selon les contrats, à vérifier au cas par cas. Les frais peuvent être supérieurs à ceux d'un contrat français, et l'accès à un fonds en euros garanti est plus rare. Enfin, la sécurité juridique ne protège pas des fluctuations des marchés : les supports en unités de compte restent soumis à un risque de perte en capital.
-> En pratique, l'enjeu, c'est la taille et la nature du patrimoine. Pour un patrimoine financier conséquent, une famille internationale ou un besoin de diversification en devises, c'est un outil puissant. Pour une épargne plus modeste, un bon contrat français reste souvent la réponse adaptée. Ce sera un outil, pas une solution universelle.
Si mon assureur rencontrait des difficultés demain, est-ce que je sais exactement comment mon épargne serait protégée ?
Une nouvelle ère pour l'épargne :
le meilleur est à venir
Comme promis le mois dernier, je reviens sur le roadshow placement d'octobre. Le message des intervenants était clair : nous vivons l'an zéro d'une nouvelle ère pour l'épargne.
- Les attentes des épargnants : constituer une épargne de précaution pour 60 % d'entre eux, préparer leur retraite pour 26 %, selon le Cercle de l'Épargne et Ipsos.
- L'assurance vie est désormais plus plébiscitée que les livrets. Les collectes progressent sur l'assurance vie, le PER et les SCPI. France Assureurs vient de publier un record pour un mois de septembre : 15,4 Md€ de versements en assurance vie.
- L'inflation a déjà franchi 3 % en septembre. Une raison de plus de ne pas laisser dormir son épargne.
Les leviers que nous activons au cabinet
Les versements programmés. Investir un montant fixe chaque mois lisse les points d'entrée sur les marchés et installe une discipline d'épargne. C'est souvent le geste le plus simple et le plus efficace.
Un suivi réel. Écoute, arbitrages, adaptation à vos nouveaux besoins : un contrat ne se signe pas pour être oublié. C'est notre conviction et notre engagement.
La recommandation. Si notre accompagnement vous convient, la plus belle marque de confiance reste de nous présenter un proche. Merci à toutes celles et ceux qui le font déjà.
Mes 3 messages clés
du mois
1. Chaque problématique patrimoniale a sa ou ses solutions. Encore faut-il poser le bon diagnostic avant d'agir.
2. Inflation à 3,1 %, taux en hausse, incertitude budgétaire : vérifiez le calibrage de votre épargne de précaution et la diversification de votre allocation. La patience reste votre meilleure alliée.
3. Dirigeants et commerçants, relisez vos contrats d'assurance et protégez votre patrimoine personnel. Ce travail se fait à froid, jamais au lendemain d'un sinistre.
Je suis à votre disposition pour échanger autour de ces sujets si besoin. Le site reste le point d'entrée le plus simple : simonruycgp.fr.
Simon Ruy · Novembre 2026
Information à caractère général, ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Toute stratégie doit être adaptée à votre situation patrimoniale, fiscale, et à votre profil de risque. Les mesures évoquées qui ne sont pas encore votées sont présentées sous réserve des arbitrages législatifs. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le pronostic de marché présenté est un scénario indicatif, sans garantie.